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Description et culture de la Vallisneria Aethiopica

La vallisnérie Vallisneria Aethiopica a été décrite deux fois dans l’histoire des plantes, mais c’est la deuxième proposition de l’autrichien Eduard Fenzl (1808-1879) qui sera retenue dans la publication Sitzungsberichte der Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften. Mathematisch-naturwissenschaftliche Classe. Abteilung I en février 1865. C’est ce même auteur auquel on attribuait une première description (invalidée par ce même Fenzl) dans le Flora, oder (Allgemeine) Botanischer Zeitung. Regensberg, Jena en mai 1844.

Plante aquatique

Vallisneria Aethiopica

On se reportera à cette photo pour se faire une idée du biotope de vie de la Vallisneria Aethiopica. Le nom d’espèce transpose l’origine géographique à l’Éthiopie et, accessoirement, le Soudan actuel. L’holotype de la description de 1865 avec des plants du Nord-Afrique tropicale est exprimé ainsi : « in Nilo albo ad insulam Mahabali, in territorio Aethiopum Schiluk« , c’est à dire en territoire Schiluk dans la péninsule de Mahabali, du grand lac africain Tanganyika.

En raison de l’origine très particulière de la plante, on observera quelques précautions pour sa maintenance : eau basique impérative, eau dure à très dure et même un peu salée.

La Vallisneria Aethiopica vie dans son milieu naturel: le lac Tanganyika

Le milieu d’implantation de la Vallisneria Aethiopica est systématiquement turbide, l’eau est chargée en sédiment dans des zones où le courant (malgré que ce soit un lac) existe d’une manière sensible.

Repeupler le Lac Tanganyika en restaurant l’écosystème

L’ONG locale M’leci mène, depuis 2 ans dans le territoire de Fizi, un projet consistant à repeupler le lac Tanganyika par les espèces des poissons à travers la restauration de la végétation aquatique. Le projet touche à sa fin.

Le projet, dénommé «La repopulation du Lac Tanganyika par la restauration de l’écosystème lacustre», est financé à hauteur de 40000€ par l’Organisation internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

Dans le cadre de ce projet, quelques résultats ont été obtenus :
– un parc de roseaux, qui s’étend jusqu’à 10 mètres de la cote sur les eaux du lac en territoire de Fizi, dans la partie centrale du lac ;
– repiquage de plusieurs milliers de fausses cannes, mais 5000 seulement résistent dans les eaux, dans le village de Talama ;
– des poissons, appelés localement « Ngorogo », « Shekele » et le « Mkeke », réapparaissent même en pleine journée, à Mwayenga, à Karamba et à Dine.

Ces poissons avaient disparus depuis des années pour plusieurs raisons, selon le coordonnateur de M’leci, Lucien Mabi:
– manque de maternité et d’habitat,
– coupe de la végétation aquatique,
– pêche non réglementée.

Grâce au financement de IUCN – Hollande, 60 Kilomètres sur les 350 des abords du lac à Fizi ont été reboisés. Près de 10000 plants repiqués sur les collines surplombant les villages riverains de Kazimiya, Yungu, Talama, Karamba et Kibanga, dans le cadre de lutte contre les changements climatiques.

D’où, l’ONG M’leci poursuit ses campagnes de sensibilisation auprès de toutes les couches de la population locale. Ces personnes sont ensuite regroupées en 14 comités de plantation et de surveillance. Après la cité de Baraka la semaine dernière, cette activité de sensibilisation se poursuit du coté nord de Baraka jusqu’à Makobola.